LAKS

 

 

 

Victor LAKS est né à Chatou, près de Paris, en 1924. Après des études à la Grande Chaumière, à Montparnasse (atelier Emile-Othon Friesz) et à l'Ecole du Louvre, il part pour les Etats-Unis en 1947. Il enseigne la peinture à l'Université d'Albuquerque (Nouveau Mexique). Il rencontre les indiens Mopis et voyage au Mexique. Ses premières expositions personnelles ont lieu à Albuquerque et à San Francisco. En 1948, il part pour la Nouvelle-Orléans et le Brésil, à Rio-de-Janeiro (exposition personnelle en 1949). A New-York, en 1950, il enseigne au Lycée Français et la New York University. Il tient la rubrique des arts sur "France-Amérique" (expositions personnelles en 1950, 1952,1953 et 1954). Au cours de voyages en France il rencontre Michel Tapié, Georges Mathieu, Pierre Soulages et Camille Bryen. De retour en France, en 1955, il multiplie les rencontres avec Dumitresco, Istrati, Brancusi, Damian, Koskas, Bozzolini, Huguette-Arthur Bertrand, Seund Ja Rhee... Il participe activement aux Salons Comparaisons (jusqu' en 1968) et Réalités Nouvelles. Parmi les expositions personnelles qui lui ont été consacrées on peut signaler celles du Museo d'Arte Moderna, Fondation Pagani (Castellanza-Milano), en 1971; la rétrospective "Vingt ans de peinture" au Centre Culturel de Bobigny, en parallèle avec une exposition de Bozzolini sur le même thème, en 1972; une exposition à la Maison de la Culture de Colombes, en 1973; une exposition à la Fondation Septentrion, à Marcq-en-Baroeul, en 1975...

 

Bien que non réalistes, mais existe-t-il une abstraction absolue? les toiles de Victor Laks participent au monde du végétal et du minéral. A travers un flamboiement infini d'entrelacs, d'éraflures, de striures, il évoque la pénombre des forêts, l'exhubérance de la végétation, la richesse des minéraux. Dans un apparent désordre organique, règne une volonté secrète d'organisation de l'espace, grâce aux oppositions d'ombre et de lumière, de plein et de vide, de bouillonnement et de calme.

 

"La pensée de Laks véhicule une sensibilité à fleur de peau sous sa manière déliée de "montrer en dissimulant". Ses germinations crispées, engagées dans une exploration volontaire de l'espace, nous disent l'ampleur d'une pensée tendue vers d'autres vertiges. L'écran s'entrouvre, les signes alors s'essaiment le long de tracés enchevêtrés qui possèdent leurs lois, leur propre personnalité...

L'oeuvre si pénétrante de Victor Laks se manifeste dans le ressassement de lignes discontinues, harcelantes, lancées à la rencontre de l'immensité perdue. Comme une relance désespérée à la poursuite de désirs inassouvis, ultime refuge du "corps scripteur et des poussées de l'inconscient"" (Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine).