CONVERGENCE 90

DE L'ABSTRACTION A LA FIGURATION

Atila visage sur fond violet (1984)
CONVERGENCE 90

château des Rohan

24 novembre - 23 décembre 1990

PRÉSENTATION DE L'EXPOSITION
ARTISTES PRÉSENTES
EXPOSITION
Un aperçu

Y-A-T-IL UNE CONVERGENCE EN ART ?


Quand le bateau fut arrivé aux îles de l'Océan indien, on s'aperçut qu'on n'avait pas de carte. Il fallut descendre ».

Ce texte de Max JACOB peut symboliser tout de suite la perplexité du spectateur devant certaines oeuvres d'art contemporain. Après avoir fait le long voyage de Lascaux au 19ème siècle ; après s'être imprégné - avec le temps certes - des impressionnistes et de Picasso ; le spectateur arrive, sans carte, devant mille propositions et il doit "descendre !"

Il faut constater et admettre que l'art n'est pas un propos unique et linéaire. L'art est un ensemble de voies sur lesquelles on n'a aucune sûreté à s'engager. L'ordre pictural établi a été suffisamment bouleversé depuis les inventions de la photographie, de la vidéo et de l'informatique. Qu'importe, risquons-nous avec ténacité à rechercher la solution Jean C0CTEAU dans "Opéra" nous apporte peut-être un début de réponse :

« Rendez-vous derrière l'arbre à songe
Encore faut-il savoir auquel aller
Souvent on embrouille les anges
Victimes du mancenillier ».

L'art serait-il un poison dont il vaudrait mieux s'abstenir ? Il faut dire que les artistes ne nous simplifient pas la tâche. Faut-il nous questionner sur la notion philosophique du beau ? Fréquenter une oeuvre d'art, c'est adopter un moyen de rêve. Mais quelle oeuvre à songe faut-il choisir ? Celle qui apparemment se comprend le mieux ou celle qui heurte le plus ? Celle qui représente le mieux ou celle qui interroge le plus ?

Ici Paul ELUARD devient précieux. Ce grand ami des artistes de son temps nous précise :


"Ce qui a été compris n'existe plus
L'oiseau s'est confondu avec le vent
Le ciel avec sa vérité
L'homme avec sa réalité?

Une oeuvre d'art, c'est comme une énigme dont on connaît la fin et dont il est nécessaire pour sa compréhension de reconstruire les événements antérieurs. Mais une oeuvre d'art, c'est aussi un début, car l'art est souvent prémonitoire et la vision des grands artistes est toujours vérifiée par le temps.

Le choix très international d'oeuvres, ici présenté, fait appel à plusieurs "tendances" qui vont de la rigueur la plus extrême à la liberté la plus totale en passant par la douleur et la libération expressionnistes. Elles sont strictement abstraites ou évidemment figuratives. Chacun de nous peut aller vers ses attirances profondes et pourquoi alors descendre chercher une carte, là où l'intuition peut suffire.

Mais il y a une convergence en art, c'est la recherche d'absolu.

Jean-Pierre NUAUD
critique d'art
Nantes - octobre 1990.